j'aurais dû l'écrire en commentaires de ta note mais pour diverses raisons, je l'écris ici :
Sur ce coup je te comprends très bien, puisqu'a 2/3 choses près... (famille, amis, et surtout emprunt), je suis dans la même situation.
Depuis tout jeune et avant, je n'ai jamais su ce que je voulais faire, je ne sais pas vraiment pourquoi mais travailler a toujours sonner chez moi comme "communiste" chez mes parents : ça fait peur... plus ça allait et plus les orientations défilaient et plus j'avais peur... des crises d'angoisse à 2 heures du mat' en ne sachant pas ce que j'allais faire de ma vie, à chercher en vain un métier a ma portée qui pourrait m'intéresser. J'ai essayé la FAC pour voir, ce fut un échec.
Il y a 5 ans, j'ai commencé à me dire que plus vite j'aurais un diplome exploitable, plus vite j'aurais un travail et plus vite je pourrais occuper un job inintéressant mais que me permettrait de faire ce que je veux à coté. J'ai eu le diplome mais en fait ça n'a pas suffit à trouver dans ce dans quoi je cherchais... faute de motivation surtout et aussi profil ne correspondant pas vraiment à ce que cherchent les employeurs.
Bien sur pendant mes périodes de doute, mon entourage me propose les solutions miracles : passer des concours surtout ! à les entendre tout le monde décroche un boulot après un concours... j'ai donc "décidé" pour faire plaisir d'en passer un... oué oué oué... ben non. On te dit aussi de reprendre tes études mais forcément les gens se rendent pas compte, c'est pas comme si on leur disait à eux d'en faire ! déménager dans un endroit que tu ne connais pas sans avoir d'argent, penser au cousin machin qui peut te pistonner pour tel travail dans tel service de machin à la SNCF... et j'allais oublier le fameux : crée ton entreprise.
Donc j'ai glandouillé comme ça à rien fouttre, j'ai trouvé des boulots alimentaires dans les périodes les plus problématiques financièrement ce qui a permis de me sauver de quelques merdes et d'en arriver parfois à ce que je cherchais il y a 5 ans. Je peux t'en parler je suis en plein dedans la !
C'est vrai, on est pas malheureux, on est pas heureux non plus, juste soulagés d'avoir un certain équilibre financier à plus ou moins long terme, on peut voir venir, instaurer une certaine routine rassurante mais pour être honnête, j'ai été le premier à dire "je suis prêt à souffrir au travail pour avoir une vie sociale épanouie et surtout de ne pas mélanger les deux !". Mais c'est faux et tu dois le savoir ! Ca devient vite pesant ! Ca vaut pas le coup pour si peu ! Ca me bouffe de me sentir inutile ! Je suis prêt à beaucoup de sacrifices mais pas à peiner 9 heures par jour toute ma vie à être obliger de fréquenter des gens qui n'ont de toute façon pas la même vision des choses que moi et qui me voient comme un paumé ! c'est insupportable !
J'ai trouvé une formation, intéressante, j'ai changé de ville comme tu as dû le remarquer pour ça... je déteste sincérement l'inconnu et Bourges en particulier et pourtant j'ai souvent assuré à quiconque voulait l'entendre que jamais je ne quitterai Clermont, ma situation financière va devenir très délicate à gérer je le sais et j'aime vraiment pas ça, mais je vais faire ce que j'aime à coté... et finalement mes priorités ont changé, est-ce que je serai vraiment plus heureux demain ? j'espère !
Donc bon personne n'a de conseils à te donner, et je ne t'en donnerai pas, je suis plus jeune que toi, aussi névrosé et sans doute moins brillant, mature (et féminin) aussi. Bizzarement (pour le peu que je connaisse de toi) ça me peinerait que tu ais a souffrir de rester dans ton boulot à espérer bosser le week end... pour éviter de croiser tes collègues et améliorer ta paye.
C'est dit !